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mercredi 29 juin 2016

Staphorst (Pays-Bas)


En octobre 2015 j'avais visité la ville de Spakenburg aux Pays-Bas pour photographier les costumes traditionnels, mais je n'avais rencontré que 3 femmes qui le portaient encore.  
Pour cette raison j'ai décidé en avril 2016 de visiter Staphorst. Staphorst est une petite ville de 16500 habitants où 400 femmes portent encore tous les jours le costume traditionnel. Pour mettre toutes les chances de mon côté j'ai choisi la date du 19 avril, jour d'un grand marché annuel, où je risquerais de rencontrer beaucoup de monde dans les rues. Si vous avez envie d'aller à la découverte de cette ville sachez que chaque année le premier, deuxième et troisième mercredi du mois d'août ont lieu les "Journées de Staphorst" (en 2016 donc les 3, 10 et 17 août). A cette occasion tous les habitants portent le costume traditionnel et lors d'un défilé de mode on vous explique la signification des couleurs, la tenue de semaine, la tenue du dimanche, celle du deuil et bien d'autres détails intéressants que vous pourrez voir dans la vidéo en bas de cet article. Ces jours là d'autres activités sont organisées : une braderie, démonstration d'anciens métiers, etc.

Je vous laisse découvrir d'abord les belles fermes. Vous remarquerez que les couleurs principales sont le vert, le bleu et le blanc. Le vert représenterait la nouvelle vie dans la nature, le bleu chasserait le mal et le blanc représente bien sûr la pureté.



Le port du costume traditionnel disparaît petit à petit aux Pays-Bas et je me suis demandé pourquoi ici il y a encore tant de femmes qui le portent. Je pense que c'est lié à leur religion : Staphorst est une des rares communes qui restent fidèles au calvinisme dans son expression la plus orthodoxe. Elles résistent à la modernité. Le dimanche revêt pour cette communauté un aspect plus sacré que chez les autres chrétiens des Pays-Bas : Travailler, faire la fête, jardiner, faire le ménage, tendre son linge dans le jardin ne se fait pas et les enfants sont souvent invités par les parents à rester à la maison. On y privilégie la prière, le repos, le chant des cantiques. Prière et lecture d’un passage de la Bible au repas, vêtements sombres pour les hommes, robes mi-longues pour les femmes, absence de télévision, on ne souscrit pas d'assurance et on refuse la vaccination, car ce serait une intervention dans la providence de Dieu. 

Au dessus de la porte d'entrée l'arbre de vie 
En 1971 une épidémie de polio a éclaté à Staphorst, 39 personnes ont été atteintes et 5 enfants sont morts. Cela a provoqué des doutes parmi la population. Certaines mères ont alors fait vacciner leurs enfants en cachette, malgré l'interdiction de leur mari et de l'église. 

Mais peu à peu les mentalités changent : depuis 1988 le conseil municipal a autorisé les match de football le dimanche. Pour éviter le vandalisme par la jeunesse qui s'ennuie la nuit du St.-Sylvestre, il est décidé d'organiser pour elle une fête sous chapiteau. Même un groupe de musique pop néerlandais a pu donner un concert dans la ville. Tout cela a été réalisé non pas sans peine, car dans le conseil municipal siège un parti politique fondamentaliste chrétien protestant qui s'oppose contre toute modernisation car Dieu se vengera. 





Depuis 1937 par arrêté municipal il est interdit de photographier les personnes dans la rue sans leur consentement. J'y suis allée donc sur la pointe des pieds. D'abord en photographiant les femmes en costume de dos.

Mais peu à peu je découvre qu'elles se laissent prendre en photo, même avec le sourire. 




Fabrication des fameuses gaufres "stroopwafels"
J'ai visité le musée de Staphorst où l'on peut tout apprendre sur les traditions de la ville. On peut y voir aussi l'intérieur d'une ferme.

Photo prise dans le musée
J'y ai donc appris que que le bleu du costume traditionnel est pour le semi deuil et toutes les femmes que j'avais rencontrées jusque là portaient le bleu. J'ai donc interrogé cette dame pour savoir pourquoi je n'ai vu personne avec le châle rouge. Elle m'a expliqué qu'il y avait eu beaucoup de décès  les derniers temps. J'ai lu quelque part qu'on porte le deuil non seulement pour la famille proche, mais aussi pour un voisin décédé par exemple. Pas étonnant alors. Elle a aussi bien voulu me montrer quelle est cette bosse sur le dos que j'ai aperçue sous le gilet bleu.
Elle a enlevé son gilet et m'a montré le pliage du châle responsable de la bosse. J'ai été soulagée de voir que la population n'est pas si sauvage que ça, qu'elle se laisse photographier sans problème et qu'on peut facilement engager une discussion avec elle. Mais je peux comprendre aussi que cela peut être agaçant d'être pris pour cible par les touristes paparazzi. Car Staphorst est devenu les dernières années une ville touristique. 
A la fin de ma visite je rentre dans un "kringloopwinkel", ce sont des magasins où se vendent des articles d'occasion pour quelques centimes. On y trouve des meubles, livres, services en porcelaine, jouets, etc. Et voilà surprise ! je tombe sur cette femme au châle rouge ! Enfin j'ai cette chance là, mais quand je lui ai demandé si je pouvais la prendre en photo elle m'a répondu assez sèchement non. Je lui ai exprimé ma déception et je lui ai expliqué que je n'avais rencontré que des femmes en semi deuil et qu'elle était la première femme rencontrée à porter du rouge. Alors elle m'a autorisé gentiment de prendre une photo à condition que je n'en fasse pas commerce en l'utilisant pour une carte postale ou un calendrier. 

Les tissus utilisés sont imprimés pour la plupart à la main selon une méthode appelée "Staphorster stipwerk". On décore le tissu noir au moyen d'un tampon fabriqué avec par exemple un morceau de liège dans lequel on a enfoncé des clous. On trempe la tête des clous dans la peinture et on tamponne le tissu avec. 


Dans cette vidéo de 40 minutes d'une des "Journées de Staphorst" vous visiterez le musée, la braderie, vous verrez la fabrication des boutons, la technique de l'impression des tissus et le défile de mode. Presque plus besoin de faire le voyage !



lundi 27 juin 2016

Atelier de cuisine chez Peperoncino - La pizza fritta

Le 8 février 2016 l'Association Dante Alighieri de Perpignan a de nouveau organisé un atelier de cuisine à l'épicerie italienne Peperoncino à Perpignan. Renato, originaire de Naples, avait prévu de nous montrer comment faire la pizza fritta. Il s'agit d'une pizza qui n'est pas cuite au four, mais à la friture. J'en avais mangé souvent à Naples, donc j'avais envie d'apprendre cette recette. 

Comme il faut du temps pour faire lever la pâte, Renato l'avait déjà préparée d'avance. Il nous a montré comment confectionner ensuite la pizza et après c'était à nous de préparer les autres que nous allions déguster ensuite ensemble.

Pendant le cours il nous a également appris à préparer la pâte et nous sommes toutes rentrées chez nous avec une portion de pâte à cuire à la maison.
Ingrédients :

500 g de farine 00
25 cl d'eau à température ambiante
2,5 g de levure de boulangerie
13 g de sel fin

Pour la farce :

Ricotta fraîche
jambon cuit
mozzarelle du bufala
saindoux

Préparation :

On prépare une pâte à pizza avec de la farine 00, qu'on laisse lever à température ambiante. Avec peu de levure de boulangerie il faut un temps de levure plus long (4 à 5 heures), mais la pâte sera plus légère 
Une fois que la pâte est levée la diviser en petites portions qu'on étalera de préférence à la main, mais on peut aussi utiliser le rouleau à pâtisserie.

Renato avait prévu de farcir les pizzas avec de la ricotta fraîche, du jambon cuit, de la mozzarella di bufala et .... une petite astuce : un peu de saindoux. Mais vous pouvez bien sûr les farcir avec les ingrédients que vous aimez ou avec des restes du frigo.

Ensuite il y a deux options : on étale la farce sur la pâte et on la plie en deux (en portafoglio) ou bien vous couvrez la pâte avec la farce et vous posez une deuxième pâte dessus. Voir la technique dans ces 2 vidéos :






Avec ma portion de pâte préparée pendant le cours j'ai fait ma pizza fritta à la maison. Pour voir ma recette cliquez ici
Ma pizza fritta faite maison


samedi 25 juin 2016

Galice et Portugal - Óbidos


Lundi après-midi 19 octobre 2015 (suite)

Nous partons de Lisbonne à Óbidos, une petite ville médiévale très pittoresque, donc très touristique, à 85 km au nord de la capitale.


Le centre-ville est compact et rempli de rues pavées et de maisons peintes traditionnellement et l'intégralité de la ville est encerclée par de solides murs anciens. Óbidos ayant jadis été propriété de la reine du Portugal, cela a permis à chaque maison et chaque magasin d'être soigneusement et affectueusement conservé. Nous n'avons pas visité le château, mais rien que les petites rues avec ses maisons blanches nous ont éblouies.  


Les maisons sont très bien entretenues, peintes en blanc et toutes fleuries.





C'est une ville très touristique, mais pas gâchée par le tourisme. Même les boutiques sont jolies.  
Dans une des boutiques nous avons dégusté une spécialité d'Óbidos, la liqueur de Ginja, à base de griottes.

En quittant le centre nous faisons un tour au marché qui a lieu à l'entrée de la ville.


A suivre ...

jeudi 23 juin 2016

Paglia e fieno avec mollica - Pâtes avec chapelure à l'ail et aux herbes


Ce titre nécessite peut-être une traduction. Paglia e fieno (paille et foin) est un mélange de 2 pâtes : nature et aux épinards, le plus souvent des fettuccine. En vente chez Lidl pendant la semaine italienne.


La mollica est une chapelure qu'on a fait dorer dans de l'huile d'olive. Mais on peut l'agrémenter avec des herbes aromatiques, de l'ail, des pignons de pin, des amandes ... 

C'est une recette de la "cucina povera", mais très savoureuse !

Ingrédients :

Pour la mollica :

350 g de mie de pain (ou panko)
4 càs de persil émincé
1 càs de ciboulette émincée
2 càs de marjolaine émincée
3 càs d'huile d'olive
3 à 4 gousses d'ail écrasées
55 g de pignons de pin
sel et poivre

Pour les pâtes :

450 g de pâtes fraîches paglia e fieno
huile d'olive 
55 g de pecorino râpé

Préparation :

Pour cette recette j'ai utilisé des pâtes sèches, des amandes au lieu de pignons de pin (je n'en avais plus) et j'ai remplacé le pecorino par du parmesan. Et pour terminer j'ai pris à la place du pain du panko.

Mélanger la mie de pain émiettée, le persil, la ciboulette et la marjolaine et faire dorer ce mélange dans de l'huile d'olive en ajoutant l'ail, les pignons de pin, du sel et du poivre (j'ai fait préalablement griller les amandes émondées entières dans une poêle sans matière grasse, après quoi je les ai pilées grossièrement au mortier)
Une fois le mélange légèrement doré, sortir du feu et tenir au chaud
Pendant ce temps cuire les pâtes selon l'indication sur l'emballage
Égoutter les pâtes et les verser dans un plat préchauffé
Mélanger un peu d'huile d'olive dans les pâtes, puis rajouter la mollica
Parsemer les pâtes de pecorino râpé

D'habitude j'ajoute toujours un peu d'eau de cuisson aux pâtes, mais pas avec cette recette, car je pense qu'elle ramollirait la mollica, qui doit rester croustillante.

mardi 21 juin 2016

Naples 2015 - Pâtisseries, Gelateria et Pizzeria


dimanche après-midi 27 septembre 2015

Gran Caffè Gambrinus
Dimanche après-midi nous avons quartier libre et nous en profitons pour flâner un peu dans la ville. Le Gran Caffè Gambrinus est un peu comme notre Café de Flore à Paris. C'est le coeur de la vie mondaine, culturelle et littéraire de la ville. Les grands comme Oscar Wilde, Ernest Hemmingway et Jean-Paul Sartre l'ont fréquenté.

Gran Caffè Gambrinus

Le Gran Caffè Gambrinus
Pas loin de là se trouve un des 4 magasins de la pâtisserie Leopoldo. Les toutes petites fraises sur leurs gâteaux sont délicieuses. Je ne me rappelle plus quels gateaux nous avons choisis, mais sûr qu'on les ait appréciés.


On nous avait parlé de la meilleure Gelateria de Naples : Gay-Odin. Nous décidons d'y acheter une glace après avoir mangé une pizza également dans la via Toledo.
Cioccolateria et gelateria Gay-Odin
Dans cette pizzeria vous commandez votre pizza à l'intérieur et vous la mangez debout à des petites tables à l'extérieur. Comme il y avait beaucoup de monde à la pizzeria da Gennaro Salvo, nous en avons déduit que c'était une bonne adresse. Etant donné que vous devez manger votre pizza debout on vous la plie en 4 (pizza portafoglio) en on vous la sert dans du papier kraft.

Pizzeria portafoglio da Gennaro Salvo
Nous avons choisi une pizza calzone. La chance nous sourit, car une petite table s'est libérée où nous avons pu nous installer debout.
Quelle ne fut pas notre déception quand nous avons trouvé sur notre chemin de retour porte fermée chez Gay-Odin. On décide alors d'y repasser le lendemain matin avant de prendre notre avion. Et puis, pas de chance, quand nous arrivons le lendemain chez le glacier le personnel était occupé à nettoyer les vitrines avant d'y installer chocolats et glaces. La serveuse a vu notre déception et a appelé son collègue pour qu'il nous sorte la glace au chocolat qu'elle nous a fait déguster avec une petite cuillère !


A suivre ...